Le Royal Sovereign
Le Souverain des mers
C'est en 1637 que fut lancé le Sovereign of the Seas que l'on peut
regarder comme le premier vaisseau de ligne à 3 ponts. Achevé,
le bâtiment comportait plus de 104 canons de bronze dont ; 20 canons
" drakes ", 8 demi-canons " drakes ", 24 couleuvrines
" drakes, " 6 couleuvrines, 24 demi-couleuvrines " drakes ",
20 demi-couleuvrines. 20 canons tiraient des boulets de 60 livres, huit de
30 livres, trente-deux couleuvrines en propulsaient de 18 livres et quarante-quatre
couleuvrines courtes de 9 livres. Une telle artillerie pouvait expédier
plus d'une demi-tonne de métal en une seule bordée meurtrière,
au milieu d'un vacarme infernal. Pour manuvrer ce géant au combat,
il ne fallait pas moins de 817 hommes en temps de guerre et 815 en temps de
paix, deux scribes pour relever les noms des blessés et des morts pendant
la guerre sur ce vaisseau.
Tant en ce qui concerne ses dimensions que ces plans, le Royal Sovereign représentait
un progrès considérable sur tous ses prédécesseurs,
il fut surnommé la huitième merveille du monde.
Depuis le début du 18e siècle, l'arrière plat était
habituel aux grands vaisseaux de guerre des pays d'Europe. Toutefois, la poupe
du "royal Sovereign " était quant à elle ronde et
ne devenait plate qu'à partir de 10 pieds au-dessus de la flottaison.
Cette particularité devint la caractéristique fondamentale des
navires de guerres anglais et fut le résultat de pratiquement un siècle
et demi d'expérimentation et d'évolutions, période au
cours de laquelle s'effectua la transition du navire typique du Moyen-Age
avec son accastillage énorme, à un vaisseau qui, en matière
de détails, est du type classique et qui continuera à être
en usage jusqu'à la fin de la marine à voiles
En ce qui concerne le gréement, il détermine la fin de la période
à quatre mâts, car depuis le début du 16e siècle,
tous les grands vaisseaux de guerre avaient été dotés
d'un artimon de gaillard. Un intéressant changement dans la méthode
habituelle de gouverner à l'aide de martinets, fut introduit dans ce
grand vaisseau, des palans étant
également employés pour cet usage.
Le grand artiste belge "Van Dyck ", fut chargé de dessiner
les décorations et les embellissements de ce prototype, qui furent
exécutées par le maître sculpteur du Roi, Gérard
Chrismas avec ses élevés. Les dorures resplendissaient tellement,
que le bateau fut surnommé "le diable doré " par les
Hollandais qui participèrent à des combats contre lui. La figure
de proue représentait le Roi Saxon Edgar à cheval écrasant
sept de ses adversaires tombés. Les pavois de la poulaine étaient
décorés de lévriers d'Henry 7, du dragon de Cadwallader,
du lion et de la licorne, des roses d'Angleterre, des chardons d'Ecosse, de
la fleur de lys de France, de la harpe d'Irlande, du monogramme royal et de
divers animaux de légendes. L'étrave était couronnée
d'un cupidon monté sur un lion et deux satyres grimaçaient sous
les bossoirs, la façade était décorée de six belles
déesses symbolisant le soin, le conseil, l'industrie, la force, la
bravoure et la victoire.
Les côtés étaient décorés de trois frises
Celle du bas, la plus simple ne comportait que des volutes. Celle du centre,
interrompue par les sabords des canons, avait des casques, des instruments
de musique, des armures et des armes de toutes sortes.